Cascades de glace, arrêtes, barres rocheuses, glaciers, pics, aiguilles … La Meije il la connaît dans tous les sens en alpinisme. Il voulait la découvrir en VTT et quoi de mieux que l’Ultra Raid de la Meije pour réaliser son souhait. Dans son périple, il a embarqué 4 copains.

Merci Mamat pour ce séjour inoubliable !


JOUR 1 : VENDREDI 14 SEPTEMBRE

7H30 : on se retrouve tous à Mézières pour prendre la direction de la Meije. Bien sûr, c’est le gros bordel en région parisienne et on n’est pas triste de la quitter !

Dans la voiture, la pression monte concernant les « fonds de sac ». L’organisation a bien insisté sur une liste de matériel obligatoire à présenter au départ sans quoi nous ne pourrons pas retirer notre plaque (vêtements chauds, matériel de réparation, téléphone chargé, couverture de survie, strapping, …).

À l’arrivée sur Grenoble, le paysage commence à s’élever. L’Alpes d’Huez, les 2 Alpes, ça sent bon !

On dépose rapidement nos bagages dans le superbe chalet prêté gracieusement par Éric et Sophie avec une vue splendide sur la Meije et les montagnes alentours. Encore merci à vous ! On en profite aussi pour contrôler tous nos fonds de sacs. Ça semble bon, on peut descendre à La Grave chercher nos plaques.

Quand on arrive, on essaie de se rassurer en regardant les autres. Déjà on voit beaucoup de vélo d’enduro (ça fait peur) mais finalement on aperçoit du XC tout suspendu et même du semi-rigide. Là, ça rassure !  😉 Les bénévoles sont très accueillants. Il est 18h30, nos sacs sont contrôlés et on a bien nos plaques !

Face au village, dos à la Meije, les centaines de VTTistes venus des 4 coins de la France (voire même de l’Europe et d’Australie) sont réunis pour attendre le briefing de la course qui durera une bonne demi heure.

La fraîcheur commence à s’installer sur La Grave, il est temps pour chacun de regagner son logement.

Demain rendez-vous à 5h30 à Villar-d’Arène en forme !


JOUR 2 : SAMEDI 15 SEPTEMBRE

4H00, le réveil sonne. Les yeux se font petits pour nous 5 mais la motivation est là. On a juste le temps de déjeuner, prendre une petite douche et s’habiller avant d’enfourcher le vélo. 5,3km et 150m de D+ nous séparent entre notre chalet et la grille de départ. Ça permet de s’échauffer en croisant de nombreux participants qui montent depuis La Grave.

5H45 : Après avoir signé, on se place au départ. Michel qui est inscrit sur l’Elite Ultra + (formule 2 jours) se situe derrière dans une deuxième vague. Même si la course est chronométrée, nous voulons faire l’épreuve ensemble et profiter des beaux paysages tous les 5. On avancera doucement au départ pour qu’il puisse nous reprendre.

La montée vers le Lautaret

5… 4… 3… 2… 1… GOOOO ! C’est parti, le départ de la 8ème édition de l’Ultra Raid de la Meije est lancé !

On sort rapidement du village sur un chemin qui nous mène jusqu’au col du Lautaret. Il fait frais, environ 6° mais on est bien équipé et le profil du parcours permet de se réchauffer TRÈS rapidement. L’image de ce départ vers le Lautaret restera longtemps gravé dans nos mémoires. Imaginez : une nuit noire éclairée par les étoiles, un silence sourd, au fond la silhouette des montagnes et une centaine de petites lampes rouges devant et blanches derrière qui prennent la courbure des chemins. C’est splendide !

Au Lautaret, Michel nous rejoint au moment même où les premiers rayons du soleil éclaircissent le ciel et viennent illuminer les sommets parfois enneigées.

La montée du Galibier

Une descente, permet de se reposer avant de passer à la grosse difficulté du jour : la montée du Galibier.

Le chemin est large, et monte progressivement en lacets. La vue sur la Meije est magnifique. On croise quelques vaches qui traversent sans trop se préoccuper de ce qui est en train de se passer. Avec cet environnement, on ne peut pas regretter d’être en pleine montagne sur un vélo à cette heure là.

Au kilomètre 14 nous sommes déjà à 1050m de D+, on aperçoit le haut du Galibier qui n’est pas loin, on tient le bon bout. Mais pour en finir, il va falloir marcher, gravir, porter le vélo sur le dos, bref en chier sur une portion de 200m à plus de 20% de pente. Il faut rester vigilant pour ne pas glisser ou basculer en arrière, la chute pourrait être fatale…

On arrive en haut aux alentours de 8h30, la pause ravito est bien méritée et j’en profite pour régler mes vitesses avec le mécano (très pro) qui est présent.

La descente du Galibier

Les premiers mètres de la descente se font à pied, c’est vraiment chaud, si tu glisses tu ne t’arrêtes pas.

Une fois descendu au niveau du tunnel du col, la descente devient vraiment terrible ! On peut envoyer sans grand danger et la traversée de plusieurs ruisseaux rend la descente encore plus fun.

La vallée est majestueuse, nous sommes à 1800m d’altitude. On est passé d’une zone rocailleuse à verdoyante en moins de 15 minutes. Les paysages sont tous les uns plus beaux que les autres.

Vers le col de la Ponssonnière

Une fois la descente terminée, fini les vêtements longs et les manchettes, on passe au tout court. Une montée d’environ 11km nous attend pour repasser au dessus de la barre des 2600m d’altitude.

La montée commence par un chemin en léger dévers sur le flan de la montagne. 25m en contrebas se trouve une belle rivière.

On roule toujours ensemble même si parfois on s’éloigne de quelques dizaines de mètres. « À un ‘ment donné », je me retourne et je vois Yann 100m derrière qui descend le flan du ravin à pied et se dirige vers la rivière. À ce moment là, ni une ni deux, je pose mon vélo et court pour voir ce qu’il se passe. Une dizaine de VTTistes se sont déjà arrêtés pour l’aider. Sa roue avant a été bloquée par une pierre sur le chemin, il est passé par dessus le vélo. Au moment où il s’est relevé, son vélo dégringolait le ravin avant de s’échouer 25m plus bas dans la rivière. Yann récupère son vélo. Avec un autre gars (hyper sympa) on regarde s’il n’y a pas de problème. La roue avant est complètement voilée, impossible de continuer il doit abandonner. On est dégouté… Mais heureusement il n’a rien, ce n’est « que » du matériel.

Nous ne sommes plus que 4, le 2ème ravitaillement se situe au premier tiers de la côte. Bien sûr on discute de la mésaventure et on prend davantage conscience qu’il faut constamment redoubler de vigilance et d’attention.

Nous commençons l’ascension par un chemin assez large et en lacet avant de bifurquer sur un petit single bien sympa à flan de montagne. Il y a quelques parties où il faut poser le pied car il y a des zones rocheuses voire gravilloneuse qui rendent le terrain instable.

Une petite pause au lac des Cerces est bien méritée avant d’attaquer les 300 derniers mètres qui ne pourront pas se faire sur le vélo. L’arrivée au sommet est à 2603m. Nous sommes à 34,5km et nous avons déjà gravit 2070m de D+.

La descente vers la Vallée de la Guisane

La descente commence avec une vue splendide sur notre droite. On peut y prendre un peu de vitesse sans grand danger par endroit. On traverse quelques rivières et quelques passages où on posera le pied (et oui la descente dans les rochers c’est pas notre spécialité ahah). Après les jambes c’est au tour des bras, des poignets, des mains et des doigts de chauffer…

À mi-descente, on s’arrête pour le 3ème ravito. Ravito qui n’est pas très bien fourni mais ça permet de faire une pause.

On repart et on arrive sur un sentier à flan de montagne très glissant. Je fais un blocage en regardant en bas. Je me demande où je pourrai bien m’arrêter si je glissais. La chute de Yann me revient en tête, bref… impossible de remonter sur le vélo pendant 3,5km. Tant pis, vaut mieux pas prendre de risque, la chute serait certainement fatale. Le problème avec ce type de chemin c’est qu’il n’y a aucun arbre en contrebas pour se rattraper, ce ne sont que des pierres roulantes sur une pente à 30% peut-être.

Arrivée le long de la Guisane, le chemin remonte vers le Lautaret, endroit où nous attend un 4ème ravitaillement improvisé nous dit-on. La suite se fait par un petit sentier qui nous amènera à la curiosité du jour, le fameux tunnel de 2,7km.

Un tunnel de 2,7km

Les organisateurs ont été plutôt cool sur ce coup là. Pour franchir une montagne il y’a 2 choix, soit on monte et on descend, soit on coupe à travers. Pour notre grand bonheur, c’est le 2ème choix qui se réalise au km 50.

Le tunnel est frais, 11°, ce qui permet de rafraîchir l’organisme après ces quelques heures sur le vélo et sous le soleil. Le tunnel fait environ 7m de large et permet d’acheminer de l’eau, impossible de l’emprunter en dehors de l’évènement donc. Forcément au vue de la distance à parcourir dans le noir le plus complet, les lampes sont indispensables. En plus de nous rafraîchir, le tunnel permet de dérouler au train à une vitesse de 20/25km/h. Ça fait du bien aux jambes !

À la sortie du tunnel, on retrouve ce magnifique ciel bleu qui nous suit depuis le début et nous arrivons dans une vallée majestueuse où des vaches pâturent en totale liberté.

Le vrai 4ème ravitaillement se trouve quelques km plus loin et une belle ambiance nous y attend. Cloches, cornes de brume et autres encouragent pour franchir le petit raidar restant.

La descente vers Villar-d’Arène

C’est certainement la plus belle descente de la journée que nous entamons, tant pour les paysages que pour le fun. Chemin monotraces et enchainements d’épingles nous comblent de bonheur pendant 5km.

Le col de l’Aiguillon et la descente sur La Grave

C’est la dernière côte avant de redescendre sur La Grave pour boucler le 72km et ce n’est pas la plus facile. Au début, on commence par grimper par la route puis par un chemin assez large pour finir sur un single qui monte qui monte qui monte …

Mais comme toujours, même si on en a plein les jambes, plus on monte plus les points de vue sont majestueux, finalement on aime un peu souffrir :mrgreen: Cette dernière côte fait 6,5km avec un D+ de 400m. L’arrivée en haut du col nous offre une dernière vue magnifique sur le massif de la Meije.

Il ne nous reste plus qu’à nous laisser descendre jusqu’à La Grave et de franchir la ligne d’arrivée bras dessus bras dessous tous ensemble ! Il est environ 18h30.

Cette journée restera longtemps gravée dans nos mémoire. Les paysages, le départ de nuit, 12h sur un vélo, 72km, 3400m de D+, des cols mythiques franchis, la nature profonde …

L’Ultra Raid de la Meije porte bien son nom. Effectivement tout y est ultra. Mais la beauté du parcours, la gentillesse des organisateurs et des bénévoles est également à cette hauteur. C’est certainement l’événement le plus dur physiquement que nous ayons tous fait mais sans aucun doute le plus beau !

Merci à toute l’organisation et tous les bénévoles qui nous ont permis de vivre ce moment unique.


JOUR 3 : DIMANCHE 16 SEPTEMBRE

Le jour se lève sur La Grave, les randonneurs aussi. Hier nous avions fait le 72km. Il nous manquait donc la dernière boucle du plateau d’Emparis que nous décidons de terminer ce dimanche matin en mode randonnée.

Nous partons sur la randonnée de 30km. Michel fait la boucle entière de 50km, Yann est condamné à rester au chalet.  😥

Si les premiers moments sont difficiles lorsqu’il s’agit de remonter sur le vélo, la beauté de la nature nous le fait vite oublier.

La randonnée commence par une longue montée d’environ 1h30 entre Le Chazelet et le plateau d’Emparis mais comparé à hier il n’y a pas de dangers particuliers.

Une fois le sommet atteint, nous y sommes, le plateau d’Emparis. C’est tout simplement magnifique et plus on le découvre, plus c’est majestueux.

Nous arrivons dans la partie des lacs, où la prairie dorée laisse place à quelques rochers et quelques lacs qui reflètent les sommets enneigés de la Meije. Entre tout ça se trouve un petit single qui nous permet de nous déplacer gentiment dans ce décor à la fois paisible et vertigineux.

Le plateau se terminant, c’est une belle descente qui nous attend pour redescendre sur Le Chazelet puis sur La Grave.

Cette randonnée est vraiment la cerise sur le gâteau de notre week-end. Le plateau d’Emparis est un environnement totalement différent de ce que l’on a pu voir la veille mais tout aussi majestueux !

Il est maintenant temps de nous reposer, de savourer une délicieuse raclette avant de reprendre la route des souvenirs plein la tête.

Certainement l’aventure la plus dure mais sans aucun doute la plus belle !

Aymeric


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