Vendredi 6 juillet, 6h45

Les gars sont à l’heure pour filer sur Megève pour la course VTT Marathon UCI la plus dure au monde où le VTTeam va montrer le maillot. Cette année, nous sommes encore 4 teamers mais avec deux puceaux ! Volt’r et Bastien ; La Plume et moi c’est la troisième participation.

L’objectif est le 70 kms / 3500 D+ pour Volt’r et Bastien, le 100 kms / 5000 D+ pour la Plume et moi.

Mais avant tout ça, il y a un autre objectif…être à Megève avant 16h00 pour mater le ¼ de finale France  / Uruguay !

15h40, on est sur place, dans un bel appartement bien situé ; la TV est un peu petite mais ça va le faire.

18h00 match brillamment remporté par les bleus, il est tant d’aller chercher nos plaques et écouter le briefing de la course du lendemain…Bastien apparaît décontracté ; imperturbable comme d’hab tandis que Volt’r est un peu en stress…la pression monte…pas de panique Stéph ça va bien se passer, la météo est au top, apparemment le terrain est bon, ça se présente plutôt bien cette année. Quelques achats sur le salon, plaque de cadre en poche, on repart à l’appart car y a encore match ce soir !

P’tite binouze en guise d’apéro, une grosse plâtrée de pâtes fraîches au basilic huile d’olive avec jambon blanc délicatement préparé par la Plume et de l’eau claire, on picolera demain. Volt’r a déjà battu un record, il n’a pas bu d’alcool de la semaine, lol !     

Deux heures plus tard, les brésiliens sont out de la coupe du monde, ils font leurs valises quand nous on fini de s’installer et de préparer nos affaires pour demain ; il ne faut pas trop traîner, faut dormir un peu car réveil à 4h30.

Nuit courte mais de qualité (pour moi), un petit déj copieux et hop c’est parti, 5h30 sur le VTT pour être en grille avant le départ à 6h00. Il fait très beau (ça change des années précédentes), pas trop frais le soleil se lève progressivement…on va pouvoir enfin voir le Mont Blanc sur la MB Race !

La musique monte, et la pression aussi, on voit la mine tirée et inquiète sur certains visages…sans doute des néophytes de l’épreuve (n’est-ce pas Volt’r). 5 4 3 2 1 C’est parti pour une grosse journée. Avec La Plume, on mets les watts dès le début pour gagner des places et pour éviter au max le bouchon dès le premier goulet….car on est arrivé un peu tard et pas très bien placé sur la grille ; si c’est comme en 2016, on perd un temps fou à cet endroit ; il y a une barrière horaire au 70…

Pour l’instant tout se passe bien, le terrain est nickel, on est ensemble avec La Plume jusqu’à ce que je me fasse coincé par un groupe pas très aguerri pour ce type d’épreuve…il est devant et je ne le rêverai plus jusqu’à la fin ! Je pense qu’il est aussi en mode « chrono » et a envie de faire un bon temps.

Sur notre passage, on est tous encouragé par les cloches de vaches agitées énergiquement par les locaux, il y a même des minots qui font partie de la fête avec des cernes sous les yeux mais qui nous motivent à bloc dans le D+…ça nous donne la chair de poule ! Volt’r et Bastien sont ensemble derrière , ils ont en mode « gestion » c’est leur première MB et ils en profitent ; photos, selfis, ravitos…ils apprécient le paysage.

On enfile les kms, tout est nickel…mais, comme en 2016 on arrive en bas du col du Jaillet et on doit se taper le gros goulet…ça fait chier, un gros bouchon se forme, il faut « escalader » on est quelques centaines bloqués pendant plus de 30 mn avant de franchir ce passage incontournable ; c’est la cohue, il y a comme à chaque fois des abrutis qui tentent de chinter la file d’attente et qui au final créent encore plus de bouchons ! ça gueule de partout. La plume est passée depuis longtemps, je suis intercalé, Bastien et Volt’r sont en bas du bouchon, c’est la merde !

Du coup, je commence à regarder la montre…il ne va pas falloir trop traîner pour passer la BH pour le 100 kms. La descente du Jaillet est toujours délicate à passer, le terrain est glissant et défoncé par les racines mises à nu par le ruissellement de ces derniers mois de flotte…La Plume s’est même cassée la gueule à pieds.

La suite est meilleure, le deuxième ravito est garni de tout…il y a un poste technique, un poste de lavage…c’est la grosse orga. Le soleil est bien là mais pas trop chaud, un petit vent frais permet de ne pas monter en température et c’est tant mieux car juste derrière le ravito 3 il faut avaler le plus gros morceau du 70 ; la côte du Mont de Vores (2050 m d’altitude) avec un final qui se fait en poussage. On commence sérieusement à en chier ! Mais, on se console avec le Mont Blanc en toile de fonds.

Arrivé au ravito 4, la plume est toujours devant, on échange par texto, Stéph et Bastien toujours ensemble derrière au train , ils grignotent des places en remontant sur les autres participants qui montent les côtes à pied bien souvent ; on habite pas en montagne mais il y a des bonnes cuisses au VTTeam !

On est presque au max du D+ du 70 ( environ 3200), en haut de la RM « du Tetraz » à 54 kms, ça pîque quand même autant de D+ sur cette distance !  Le reste c’est un peu les montagnes russes ; tantôt des pétards qui te fracassent bien les cuisses, tantôt des petites portions de descentes. Quand tu regardes le profil, tu te dis que c’est que de la descente jusqu’à Megève…mais non, il y a toujours une côtelette pour bien te garder les cuisses au chaud.

J’arrive dans les derniers kms du 70 avec environ 30 mn d’avance sur la BH mais impossible de pédaler, plus de rétropédalage ! La roue arrière semble se bloquer…jusqu’à ce qu’elle se bloque complètement. Heureusement pour moi je suis dans le dernier km mais je dois courir avec le VTT pour ne pas être mis hors course. La Plume est déjà passée depuis quasiment une heure…Passage obligé au stand SHIMANO en espérant qu’ils puissent me dépanner mais en vain ! Pas top le mécano. Il m’envoie alors chez TRECK où il y a trois mecs bien assiégés dans des chaises longues en mode sieste mais l’un d’eux très sympa au demeurant mais pas plus compétent que chez SHIMANO, voire pire, se lève et prend les chôses en main avec un air du genre « t’inquiète pas mec je vais te dépanner. Mes fesses oui, il y connaît ke dal lui aussi, j’essaie de me contenir jusqu’au moment où je le vois forcer comme un malade sur ma cassette, chicoter mon corps de roue libre avec un tournevis…je lui demande alors ses outils en lui faisant comprendre « laisse moi faire et retourne dans ta chaise longue, je vais faire le boulot moi-même ». Coups de bol ? Je réussi à débloquer la roue, on la remonte, il me regraisse la transmission et go pour finir le 100 bornes. Sauf que ça fait une heure dix qu’on bricole et la barrière horaire est……tant pis, rien à foutre il fait beau, j’ai la rage, j’ai à boire et à manger, un téléphone….j’y vais en espérant que ça ne va pas recommencer! sauf qu’il n’ y a plus personne pour me guider sur le 100 bornes. Heureusement qu’une gentille bénévole est là pour m’indiquer le sens de la course sans savoir si le parcours est encore balisé ! Un peu de chance quand même, je retrouve la piste qui est encore balisée. Allez, on se calme maintenant et on va au bout, on profite ; pas question de rattraper la Plume il est beaucoup trop loin ; décidément on ne roulera pas beaucoup ensemble ; on échangera quelques textos pour lui dire que je vais être à la bourre…A ce moment je pense que Bastien et Volt’r doivent être presque arrivés. j’t’en fou, ils ratissent les ravitos les uns après les autres, font des photos, presque des batailles de neige dans les quelques névés qui restent, bref ils profitent !

La dernière partie de l’itinéraire est très agréable, du D+ linéaire, quelques singles, une grosse et longue côte jusqu’au Mont Joux à 1958 M pour te rappeler quand même que tu es en montagne et qui te brûle bien les cuisses, pas de boue, des bénévoles hyper sympas et encourageants. Le profil sur la fin du parcours est descendant et technique avec beaucoup de racines ; là c’est plus les cuisses qui souffrent, c’est les bras et les doigts.

Enfin du bîtume ! humm ça fait du bien…il reste quelques kilomètres avant d’atteindre la ligne d’arrivée à COMBLOUX. Les salauds, plutôt que de terminer en descente ils nous ont achevé avec une suite de pétards jusqu’au bout du bout.  

La plume m’attendait gentiment sur la ligne depuis plus d’une heure et demie tandis que Volt’r et Bastien en avaient terminé fièrement à MEGEVE. Ils  nous restaient plus que 5/6 kms et à peine 200 de D+ pour les rejoindre, prendre une bonne douche et trinquer tous les quatre avec une binouze bien fraîche tout en « refaisant la journée ». Tout le monde est fatigué mais content, pas de bobo, que du bonheur, des images et des souvenirs plein la tête !

Fin de la partie autour d’une bonne table savoyarde avant d’aller faire dodo et se requinquer avant le retour à la maison.

Déjà dès le lendemain, le virus avait sévi ! La vttdépendance gagne du terrain…Bastien et Volt’r à peine remis de « leur souffrance » prévoient de revenir sur la MB en 2019 pour un nouveau défi.    

Et pour info, tous les résultats sont disponibles ➡ ici 

Mich

 


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